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La morale et le devoir

Question : Peut-on penser des fondements légitimes à la morale ?

Introduction

La morale, en tant qu’ensemble de principes normatifs régissant les actions humaines, pose une question centrale : existe-t-il des fondements légitimes à ces principes, ou ne sont-ils que des constructions relatives, dépendant des époques, des cultures et des individus ? Entre la relativité des normes, la pitié comme sentiment originel, la raison comme fondement universel et le calcul utilitariste des plaisirs, plusieurs réponses ont été proposées par les philosophes. Ce cours propose d’explorer quatre perspectives : la relativité de la morale (Calliclès et Nietzsche), la pitié comme origine morale (Rousseau), la raison comme fondement universel (Kant), et enfin l’utilitarisme de Mill.

 

I. La relativité de la morale : Calliclès et Nietzsche

A. Calliclès dans le Gorgias de Platon

· Calliclès critique la morale comme une invention des faibles pour dominer les forts. Il oppose la loi de la nature (où le plus fort impose sa volonté) à la loi humaine (où les faibles imposent des normes égalitaristes).

Exemple : Selon lui, la vraie vie heureuse est celle qui suit ses désirs sans entrave, en rejetant les contraintes artificielles imposées par la société.

Critique : Platon, par la voix de Socrate, réfute cette thèse en affirmant que la domination des désirs conduit à la désorganisation de l’âme et à l’absence de véritable bonheur.

B. Nietzsche et la critique de la morale des esclaves

· Nietzsche reprend l’idée que la morale est une construction, mais va plus loin en distinguant deux types de morale :

-  La "morale des maîtres" valorise la puissance, la création et l’affirmation de soi.

- La "morale des esclaves", fondée sur le ressentiment, prône l’égalité et condamne les instincts naturels.

-  Illustration : Les valeurs chrétiennes, selon Nietzsche, sont des valeurs de faiblesse déguisées en vertus.

Transition :

La relativité de la morale questionne son universalité, mais elle semble ouvrir la voie au nihilisme ou à l’arbitraire. Dès lors, d’autres philosophes ont cherché à fonder la morale sur des bases plus stables.

 

II. La pitié comme origine et fondement de la morale : Rousseau

A. La pitié comme sentiment naturel

· Dans son Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, Rousseau affirme que la pitié est un sentiment naturel, antérieur à la raison et aux conventions sociales. Elle pousse l’homme à épargner autrui et à éviter de lui causer du tort.

- Exemple : Dans l’état de nature, la pitié compense l’égoïsme de l’amour de soi, permettant une coexistence harmonieuse entre les individus.

B. La critique de la société :

· La société, en introduisant des inégalités et en exacerbant les passions (envie, orgueil), pervertit cet instinct naturel. La véritable morale consiste donc à retrouver cette pitié originelle comme guide de nos actions.

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Transition :

Si Rousseau fonde la morale sur un sentiment inné, Kant, au contraire, en appelle à la raison pour établir des principes universels.

 

III. La raison comme fondement de la morale universelle : Kant

A. L’impératif catégorique

· Pour Kant, la morale repose sur la raison pratique. Agir moralement, c’est agir conformément à un devoir que la raison peut reconnaître comme universel.

- L’impératif catégorique : « Agis uniquement d’après la maxime qui peut valoir en même temps comme loi universelle. »

B. L’autonomie de la volonté

· La morale kantienne repose sur la liberté et l’autonomie : un être moral n’obéit pas à ses désirs ou à une autorité extérieure, mais uniquement à la loi qu’il se donne lui-même par la raison.

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- Critique : Cette conception de la morale, bien qu’universelle, peut paraître rigide et détachée des réalités concrètes.

Transition :

Si Kant privilégie la rationalité et l’universalité, John Stuart Mill propose une approche plus pragmatique, en associant morale et bonheur.

IV. L’utilitarisme de John Stuart Mill : une morale fondée sur le bonheur

A. La recherche du plus grand bonheur

· L’utilitarisme pose que le critère de moralité est l’utilité : maximiser le bonheur pour le plus grand nombre.

- Différence avec Bentham : Mill introduit une distinction qualitative dans les plaisirs : certains plaisirs (intellectuels, esthétiques) sont supérieurs à d’autres (physiques).

- citation : "Mieux vaut être un Socrate insatisfait qu’un imbécile satisfait."

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B. Le calcul des plaisirs et la critique

· Mill insiste sur le fait que la qualité des plaisirs doit primer sur leur quantité. Cependant, cette approche est critiquée pour la difficulté de mesurer et comparer des plaisirs de nature différente.

 

Conclusion

Les fondements de la morale se déclinent en une pluralité de perspectives : relativité (Calliclès, Nietzsche), pitié (Rousseau), raison (Kant), et utilité (Mill). Chacune apporte un éclairage spécifique, mais aucune ne semble totalement suffisante. Peut-être faut-il envisager une morale pluraliste, combinant ces approches pour répondre à la diversité des situations humaines. Agir moralement serait alors une recherche permanente d’équilibre entre principes,

 

 

 

 

 

Peut-on juger du bien et du mal de manière objective, ou tout jugement de valeur est-il subjectif ? 

introduction et I

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